Préambule

Avant de comprendre ce qu’est la blockchain, il faut comprendre ce qu’est un ordinateur et quel  est sa limite structurelle. C’est très important, car c’est de cette limite de conception de la machine ordinateur qu’est née la blockchain.
L’ordinateur ou la tablette ou même votre smartphone (qui n’est qu’un ordinateur avec une fonction téléphonie) est la plus formidable machine à copier jamais inventée par l’être humain. Et quand on copie, on ne donne pas, on duplique. En effet, il n’y a pas d’échange à proprement parler entre deux ordinateurs. Vous ne donner pas un film ou un livre numérique à un autre utilisateur. Vous le copiez de votre machine à la sienne. Lorsque vous regardez une chaine sur votre box reliée à votre télévision, les données sont copiées du serveur free par exemple pour aller vers votre box ainsi que vers les millions d’autre box connectées. Cette limite structurelle, incapacitant toute forme de don,

a rendu impossible la remise d’un bien immatériel à un tiers. En effet, si j’achète une image numérique, l’auteur ne peut pas m’assurer que cette image a disparue de son ordinateur. Il ne peut donc pas y avoir d’échange de bien immatériel contre une valeur financière. Nous n’achetons jamais l’original d’un bien immatériel sur internet mais nous en achetons une copie. Cette capacité à copier sans limite explique donc pourquoi le coût des biens immatériels tel que la musique, les films, livres et autres a chuté et rendu la valeur de ces biens proche de zéro. Ne subsiste dans ces cas que la valeur patrimoniale due au droit d’auteur.
La valeur est liée à la rareté. Or s’il y a une possibilité de copier sans limite, et c’est le cas grâce à nos machines, alors la valeur du bien copié s’effondre.
Là, on comprend aisément que l’ordinateur n’est pas le meilleur ami de l’argent. Car si vous me donnez via internet un euro mais que vous le gardez quand même dans votre ordinateur, la valeur de cet euro a été mathématiquement divisé par deux. Il vaut donc 50 centimes. On ne peut donc pas laisser les machines copier des valeurs monétaires, il a fallu organiser les échanges autrement.
Mais regardons comment nous échangions au quotidien.
D’une manière primaire, l’échange de valeur est de pair à pair (ou peer to peer en anglais).
C’est à dire que nous nous échangeons des valeurs en nous donnant des billets de banques par exemple. Je te dois 5 euros alors je te donne un billet de 5 euros. Cet échange a fait disparaître cette valeur de mon porte monnaie à ton porte monnaie. C’est comme cela que fonctionne les choses dans le monde réel depuis des millénaires. Au Moyen âge, la valeur de la pièce d’or était contenu dans la pièce elle-même et également dans la figure du souverain qui incarnait l’intermédiaire de confiance qui assurait la valeur de cette pièce. Ceci est valable jusqu’au franc-or. Mais, ce que nous a appris la crise de 2009, c’est que cet ordre des choses n’existe plus. Plus qu’une crise financière, la grande crise de 2009 s’est transformé en crise de confiance, une crise de gouvernance.
Si, comme moi, vous avez décidé un jour de retirer de votre banque votre argent en  liquidité, en monnaies sonnantes et trébuchantes ; vous vous êtes vite rendu compte que la loi contre le blanchiment d’argent vous bloque. Cette loi a une autre fonction. Il vous faudra de nombreux courriers et rendez-vous pour obtenir votre bien. On tentera de vous dissuader. Cette remise en cause de la confiance entre le système et vous est liée au fait que votre argent ne vous appartient plus. C’est un fait. Le but ultime est de vous en déposséder totalement en complexifiant l’usage de la valeur papier et des autres pièces. Les pays nordiques vont plus loin en désirant supprimer tout échange de billet et de pièces.
De plus, et c’est beaucoup plus grave, la somme de l’argent en circulation dans les banques est largement supérieure à l’argent papier et aux pièces en circulation. Il est impossible que chaque individu puisse récupérer son bien. Et je passe sur les sommes d’argents colossales que se prêtent les états et les banques entre eux. On a complexifié le fonctionnement monétaire pour ne pas avoir à être limité par la limite de nos ressources.

Un groupe de personne utilisant une identité anonyme au nom de Satoshi Sakamoto a compris cela en 2009 lors de la grande crise financière. Ils ont écrit un papier de neufs page expliquant ce qu’ils allaient faire et comment ils allaient s’y prendre. Ils ont choisis de permettre un échange de valeur sans limite d’état, ni d’individu, ni de technologie. Ils ont choisi de garder l’anonymat car ce projet ressemble particulièrement à un « bank killer » au premier abord, menacer de tuer le système bancaire leur aurait causé sans nul doute une mort accidentelle. Leur projet de blockchain, le premier, appelé bitcoin est opensource. Ce qui veut dire que le programme est publiée et qu’il peut être réutilisé. C’est pour cela que d’autre personnes ont choisi de créer d’autres monnaies à base de ce programme ou du même programme amélioré qu’elles ont elles même partagé à nouveau via le modèle intellectuel l’opensource (qui consiste en la publication du code). La seule limite de ce partage est le réseau informatique. S’il y a du réseau sur Mars, alors bitcoin en sera la première monnaie.

Qu’est-ce ?

Blockchain.

Quelle est ce mot étrange , anglais, qui entre petit à petit dans nos vie, en ce moment assez bruyamment ! Il ne vous dit rien pour certain ou pas grand-chose de réel et c’est normal. Son expression la plus connue est le bitcoin, cette monnaie numérique qui défraie la chronique.
L’idée de cette planche m’est venue suite aux reportages absurdes diffusés sur nos petits écrans. Cela m’a rappelé les reportages des années 2000 concernant internet et les dangers à faire des achats sur le réseau des réseaux. Ce qui  eu pour conséquence de ralentir la croissance des dépenses sur internet car nos enseignes nationales n’étaient pas encore prêtes. Leurs boutiques en lignes n’étaient pas encore au point. Le retard de la mise en place de ces plateformes nous a placé sous la domination mondiale de amazon et de alibaba (ou ali-express). On imagine mal comment les remplacer ou alors il faudrait une nouvelle technologie. Une nouvelle rupture.
La comparaison ne s’arrête pas là. La monnaie numérique Bitcoin est l’expression de la blockchain autant que Amazon ou google seraient l’expression d’internet.
Et là, on comprend aisément que faire des reportages sur le bitcoin et donner un avis moralisateur est très réducteur. Il ne s’agit pas d’une dichotomie. Il ne s’agit même pas de savoir si c’est bien ou mal ou si cela va avoir lieu. Cela a eu lieu et c’est sans retour possible. Il s’agit de comprendre l’impact au quotidien que cela va engendrer dans notre vie.

Banques et gouvernements ont tout simplement peur.

 

Blockchain et bitcoin sont souvent confondus. Car il est la première crypto-monnaie ou monnaie virtuelle.
La blockchain est le protocole il constitue le réseau décentralisé de la monnaie virtuelle bitcoin. Internet est déjà un système décentralisé disposant de multiples coeurs. Edonkey ou les autres réseaux peer-to-peer ont également des architectures décentralisées. C’est pour cela que c’est si difficile de les stopper, de les interdire ou de les identifier. Cette sécurité de dispersion et de cryptographie est au coeur de l’ADN technique de la blockchain.

Et le bitcoin tout comme le millier d’autre monnaies numérique est l’expression de la blockchain.

 

 

Mais comment cela fonctionne-t-il ?

Internet – open source -peer-to-peer (décentralisé)- cryptographie – consensus – transparence

Résumons, un ordinateur est une machine à copier mais nous venons de voir qu’un programme nommé blockchain permet l’échange de valeur, sans que cette valeur diminue du fait de la copie, comment est-ce possible ?
Pour comprendre l’origine du mot, il faut entendre les mots « block » et  « chaine ». C’est une chaine de block de code. Pour visualiser cela dans le monde réel, rien n’est plus simple, imaginons un carnet sur lequel nous enregistrerions toutes les opérations financières avec un horodatage. Tel que 5 euros sont partis de martial à david à 1H30 gmt0 le 11/05/2017. Ces opérations constituent un block. Et ces blocks s’ajoutent comme des pages sur un registre au fur et à mesure de leurs écritures. Ces block de code s’empilent les uns sur les autres jusqu’à constituer une chaine de block. Autrement dit un registre. La blockchain est un registre numérique.
Jusque là, pas de quoi crier au génie. Mais voilà, c’est un registre distribué sur internet, c’est à dire qu’il est partout et nulle part à la fois. Il est morcelé et redondé sur tous les ordinateurs reliés à la blockchain.  L’information contenu par la blockchain est donc déconcentrée. Il n’appartient à personne ou plutôt il appartient à tout le monde. Il est ouvert et public, toutes les transactions sont consultables par n’importe qui. On voit ici une grande tendance de l’informatique récente qui tend vers un espace où notre vie privée tel que nous la connaissons en France est particulièrement malmenée.
Car cette transparence pose un problème qui est lié à la vie privée, à l’oubli et à la confidentialité. Mais ce mur de vie privée tombe un peu plus chaque jour depuis l’avènement des réseaux sociaux.
Les informations qui tendent à faire passer le bitcoin pour la monnaie des voyous est donc erronée. Qui a envie de voir publier des transactions dont on sait le caractère illégal ? Personne. Le registre est mieux qu’un livre de comptable pour la police, il n’y a aucune réquisition judiciaire à obtenir car les informations sont publiques. Le maitre mot est donc transparence de l’activité liée à cette blockchain bitcoin.

Mais revenons au fonctionnement.
Lorsqu’une information, appelons la transaction, doit être écrite sur le registre (ou blockchain), des ordinateurs doivent faire un calcul informatique. Si une majorité des ordinateurs se distingue, alors la nouvelle page d’écriture est accepté à la majorité. Ceci s’appelle la preuve de travail et il détermine un consensus d’acceptation. Le consensus est l’un des pilier de la blockchain.

Mondialisation et résilience.

La blockchain et les machines qui la constituent sont dispersées à travers la planète. Nous avons vu que pour qu’une page soit écrite, il faut qu’une majorité soit d’accord sur le calcul cryptographique effectué. Ce qui veut dire que sur une blockchain publique, il faudrait disposer d’une majorité des machines pour s’approprier la blockchain. Le risque est inexistant. Ce droit de vote permet également de décider de ne plus être d’accord avec la gouvernance d’une monnaie et de décider de faire scission. Les machines existantes créent alors une nouvelle branche de développement de cette monnaie. Cela s’appel un « fork » et cela s’est déjà produit. Il y a aujourd’hui bitcoin et bitcoin cash. C’est à dire qu’une partie des personnes en charge d’effectuer les calcul pour bitcoin a décidé un jour de refuser une évolution technique du bitcoin et ils ont créé une branche indépendante avec la monnaie qui va avec au pro-rata de leur puissance de calcul.
Par sa naissance sur le réseau sans propriétaire légal identifiée, la blockchain est un vrai fruit de la mondialisation. C’est un outil donné à l’humanité, elle en fera ce qu’elle pourra.
Le protocole est très robuste, il est fiable car nous avons vu qu’il n’a besoin d’aucun centre de décision et qu’il est donc décentralisé. Ces deux facteurs lui assurent l’indépendance et l’intégrité des données. La sécurité du système vient également du fait que pour réécrire une page (ou block) du registre (ou blockchain), il faudrait tout déconstruire jusqu’à l’information à changer, puis retrouver des majorités pour chaque calcul de page. C’est tout simplement impossible. Il s’agit donc du premier registre infalsifiable. Le système a également réussi à dépasser le problème de reproductibilité d’un actif digital. Car un bitcoin est unique et ne peut pas être à deux endroit à la fois.

Disruption

On qualifie souvent la blockchain de disruptive. La disruption est généralement employée dans les centrales nucléaires ou par les géographes mais un communiquant a détourné son sens premier en le transformant en une sorte d’innovation causant une rupture des paradigmes servant à expliquer le réel. Elle va non seulement engendrer des évolutions dans un premier temps et dans un deuxième temps, elle va modifier notre façon d’appréhender le réel et permettre de proposer des choses qui n’auraient pas été possibles avant cette découverte. Internet a été disruptif par exemple, on a tout d’abord porté le réel sur internet comme des boutiques en lignes, des cv, des journaux, etc… Ces boutiques existaient avant et internet ne les a pas transformé. Puis la disruption est apparu par exemple avec la création de facebook. Comment imaginer ce produit sans la connexion des individus via le réseau des réseaux, c’est impossible.

Le bitcoin est l’ennemie des monnaies réelles ou au moins le concurrent, pourquoi ?

Nous avons vu que la blockchain est potentiellement un tueur de banque car chaque bitcoin en circulation existe et est la propriété d’une personne. Que la fluctuation des économies des état, de l’endettement, des décisions politiques ne la concerne pas. Puisqu’il s’agit de la monnaie des hommes sans limite de frontière. C’est pour cela et pour sa valeur intrinsèque informatique que son cours est passé de 1$ pour un btc à 13000$ pour un btc.
Plus qu’un bank-killer, il est également un wester-union killer entre autre. Il permet à des million de pauvres de disposer de leur porte monnaie électronique et de s’échanger de petites sommes pour quelque dixièmes de centimes (0,15 à 0,25 % par transactions). Il y a une possibilité de re-bancarisation d’individus qui n’ont actuellement pas d’accès à la banque.
Les banques l’ont compris. Elles ne veulent pas disparaitre tout comme a disparu l’industrie du disque à cause du mp3. La leçon a été entendu. Elles ont donc massivement investie dans certaines monnaies comme ethereum ou ripple ou stellar. Non pas pour baisser vos frais ou vous simplifier la vie. Non, tout simplement pour économiser 2 milliards de dollards en frais de transaction entre banques. Car pour l’instant, les banques échangent entre elles via un tiers de confiance qui se nomme SWIFT. C’est du en grande partie parce que les ordinateurs sont incapables d’échanger de la monnaie comme nous l’avons vu.
Donc les banques utilisent certaines monnaies numérique comme des jeton (ou token). Les plus récentes blockchain ou blockchain 2.0, qui peuvent transporter d’autres informations lors des transactions. C’est ce transport d’information qui les intéresse. A titre d’exemple : on peut imaginer que lorsque je vais chez mon boulanger, je lui donne une pièce de deux euros pour m’affranchir de la facture et qu’en plus cette pièce contient une information. Une information qui est exécutée pendant la transaction.
D’un système d’échange de monnaie, on passe donc à un système d’échange et d’écriture d’information. Les banques sont donc en se moment même en train de s’affranchir du tiers de confiance qu’est SWIFT (cet intermédiaire entre banque). La blockchain fait figure d’intermédiaire de confiance. Elle favorise la désintermédiation. Les banques le veulent pour elles mais elles ne le désirent pas pour vous. Car votre intermédiaire de confiance lors de vos transaction c’est la banque.
Si vous vous affranchissez de cet intermédiaire, alors vous vous affranchissez de votre banque.

Tiers de confiance

La crise de 2009 est avant tout une crise de la confiance. Les banques centrales n’ont plus confiance dans les Etats, et les Etats n’ont plus confiance dans les banques. Et les gens n’ont plus confiance dans ce système qui créé de manière ininterrompue de nouveaux produits financiers sans qu’on sache sur quoi ils reposent.

Si je peux échanger de l’argent sans avoir besoin d’un tiers de confiance comme la banque alors elle va disparaître dans son état actuel.
La confiance tient au système Blockchain. « Code is the rule », le code est la loi. Ce qui est en circulation correspond exactement à la richesse en cours.

Changement

Voyons quelques exemple de changements possibles grâce à la blockchain.
On peut y enregistrer des informations liées à l’horodatage par exemple. Beaucoup d’activités liées à l’horodatage et à un tiers de confiance sont possibles tel le dépôt d’idées de brevet. Je n’ai donc plus besoin de l’INPI ou d’avocat pour déposer une nouvelle idée.
Si je peux stocker des informations gps et de l’horodatage, alors, je n’ai plus besoin de cadastre.

Si je peux stocker des informations d’horodatage liées à une identité (qui serait un numéro unique), alors je peux donner un droit à des migrants dont l’identité est invérifiable ou falsifiée. On appelle cela une identité numérique. Accenture a développé un programme pour Lampedusa. Et il permet au migrant de disposer de droits et ils peuvent être suivi durant leur parcours santé, nourriture et autres. Leurs activités sont enregistrées dans une blockchain.

Si je peux stocker une empreinte numérique d’un document, alors je peux permettre à des entreprises de vérifier la véracité d’un diplôme émis par une université. Ça, c’est moi, si j’arrive à convaincre l’université.;)

Je peux également stocker des fichier avec sia coin et cela me coute un dixième du prix que cela m’aurait couté avec amazone , apple ou microsoft. Et mes fichier sont crypté, répartis et sécurisés. Même les géants d’internet sont menacés s’ils ne s’adaptent pas.

Et si je peux échanger de l’argent via un site de mise en relation contre un trajet en voiture, alors j’ai tué Uber.

Vous l’avez compris, la blockchain est la désintermédiation massive du tissus économique mais également social. Car le code est la loi. Cela peut paraître vertigineux mais le code informatique se soustrait aux tiers de confiance créé par les acteurs économiques, sociaux et par l’État. Tous les métiers liées à la rente d’un pouvoir conféré par l’état peuvent s’inquiéter, vraiment…
La blockchain 3.0 va encore plus loin

Imaginons également la création d’entreprise (au sens économique ou social) tel une organisation syndicale voulant lever des fonds rapidement pour une action ciblée. Cela prendra quelques secondes. Et pour une action ou une entreprise humaine pérenne dans le temps, les side-chaine, sortes de blockchain dans la blockchain permettent de créer sa propre monnaie qui serait comparable dans le monde réel à des billets de tombola par rapport à de la monnaie réelle.
La Chine vient d’interdire ces side-chain car les jeunes startup chinoises préfèrent des introductions de leur société sous forme d’une monnaie reflétant les actifs plutôt que d’émettre des actions sous forme d’introduction en bourse. L’introduction en bourse est administrativement compliquée, d’un autre temps, et plus longue à mettre en place. L’introduction sous forme d’ICO (Initial Coin Offering) étant bien plus simple et immédiate. C’est un facteur très égalitaire, très libertaire également.
On peut donc voir se créer une entreprise ou relation commerciale provisoire ou pérenne dans la blockchain. Tout ceci est abstrait à comprendre et à imaginer, je vous ai demandé de très gros efforts aujourd’hui.
Je vous demande de ne pas oublier que c’est un espace de liberté d’entreprendre et ne le laissons pas  être accaparé par des puissances qui sont prêtes à nous en déposséder.

Ethique

Et nous FM :., dans tout cela ? Devons-nous embrasser ou accompagner ou freiner ce changement de système ? Le pouvons-nous ?
L’éthique est souvent ce qui permet de nous différencier des autres et c’est au centre de nos décisions. Alors faisons un bilan éthique de la la blockchain.
Son ordre vient du chaos, c’est un bon début ;). Cette puissance monétaire qui est traduite en partie par sa valeur (BTC, ETH et autres) vient largement du fait qu’il n’y a pas de gouvernance centralisée nécessaire à son fonctionnement. La gouvernance est unique pour chaque blockchain allant de la démocratie en passant par la méritocratie et allant même jusqu’à des gouvernance dynamique stockés dans la blockchain.
C’est dire que les plus vieilles blockchains sont voués pour s’adapter. Leur gouvernance étant calquée sur le monde actuel ou ancien.
Certaines blockchains plus récentes transportent en leur sein une gouvernance dynamique et beaucoup plus adaptative et donc concurrentiel. Je cite :

« Tezos

Avec Tezos, n’importe qui peut proposer un changement à la structure de gouvernance, sous la forme d’une modification de code. Un vote est déclenché sur la blockchain. Si la proposition est adoptée, la mise à jour est déployée sur le réseau de test. Après une période de fonctionnement sur ce réseau, un vote de confirmation est ouvert, qui peut conduire au déploiement final sur le réseau principal. Ce concept est appelé « registre auto-modifiable » (“self-amending ledger”).

Un tel système est intéressant en ce qu’il ré-équillibre le pouvoir en faveur des utilisateurs, et diminue d’autant celui du groupe plus centralisé des développeurs et des mineurs. Du côté des développeurs, chacun peut soumettre une proposition de changement, et surtout chacun a un intérêt économique à le faire. Les contributions sont récompensées par la communauté via l’émission de nouveaux tokens (la monnaie)».
Je pense que c’est un espace de liberté qui force l’admiration. En cela j’ai envie de cette liberté pour chacun.

Le deuxième aspect éthique majeur, c’est que cette technologie est ouverte (open-source). Ce qui signifie que n’importe qui ou n’importe quelle entreprise peut se l’approprier et créer sa propre blockchain dont les tokens en seront la monnaie virtuelle.
Et comme le code est ouvert, il n’y a pas de surprise cachée. Par exemple BTC a une finitude, on ne pourra pas en créer plus qu’il n’est prévu. Le système de récompense des mineurs tend vers zéro au fur et à mesure que de nouvelles séries de 210 000 blocs s’enchaînent, de sorte qu’un maximum de 21 millions de bitcoins seront créés in fine, probablement aux alentours de l’an 2140. Il n’y aura pas plus de 21 millions d’unité au total. Un tel système monétaire est qualifié de déflationniste. Elle est donc non spéculative car on ne peut pas créer artificiellement de la valeur comme le font les banques centrales avec l’euro ou le dollar. Le fait qu’il y ait en circulation ce qu’on dit qu’il y a est à mes yeux la preuve d’une transparence absolue.

 

Le fait qu’aucun état puisse s’approprier une monnaie comme le BTC qui est une blockchain publique est garant d’indépendance. Le fait que le plus petit comme le plus grand puissent créer un porte monnaie est s’échanger librement de l’argent est égalitaire.

L’utilisation de monnaies virtuelles provenant d’une blockchain publique constitue, à mes yeux, un renforcement des libertés individuelles car la valeur est non saisissable puisqu’aucun organisme étatique n’est en mesure d’accéder à votre compte. Il est donc non censurable, personne ne peut vous empêcher de l’utiliser. La blockchain facilite cette mondialisation. Reléguant les frontières et actifs financiers pourris au rang de vieux cauchemars.

Le droit à la création de compte est universel, on ne le demande pas, on le créé librement. Riche ou pauvre, vivant ici ou là-bas. C’est une démarche volontaire. La création d’un porte monnaie est gratuite. La monnaie supporte 8 chiffre après la virgule. Ce qui la rend universaliste et applicable à de très petites sommes. Le riches pourront disposer de bitcoin entier et les plus modestes de millionièmes de BTC appelé également des satoshis. Et surtout, surtout, chacun peut les échanger librement.

Mais quand est-il de la fonction sociale d’une monnaie ? Que signifie que nous fassions confiance en une monnaie qui n’appartient à aucun état ? Ces monnaie numériques unissent les hommes malgré leurs différences. C’est une désintermédiation massive d’État. Nous n’avons plus besoin d’état pour permettre des échanges.
Arrive maintenant la blockchain 3.0 qui est capable en plus de tout cela de stocker et de créer des organisation et des société décentralisés et autonomes. L’intelligence artificielle sera très consommatrice de ce système. On peut imaginer une Intelligence artificielle ayant à charge de trouver des emplois pour les chômeurs et des contrats de travail pour les employeurs s’emparer de cette problématique et de créer instantanément contrats et relations entre les individus. Des relations éphémères ou de longue durée. Une fois le travail effectué, l’argent étant immédiatement versé, les charges payées en toute transparence.
Depuis 15 ans, le respect à la vie privée tel que nous la connaissons en france est en net recul. Et la blockchain va l’amplifier. Car le registre est ouvert et consultable par tout le monde. Cela suit cette évolution constante qui tend vers la disparition de la vie privée. Ou au moins une publication volontaire de celle-ci.

Développement durable

La blockchain est souvent attaqué sur sa consommation électrique. Or on peut limiter les calculs nécessaire à son fonctionnement en définissant le mode de consensus. Mais si on fait cela,on perd également de la confiance. Ou tout du moins on transfère cette confiance à un organisme. Il s’agit de fondation la plupart du temps (etherum, ada..) situées en Suisse. Quelques monnaies virtuelles ont fait ce choix.
Dans ces cas, les validateurs deviennent les Etats ou des groupements d’intérêt. Alors le libertaire s’envole au profit du rentable et de l’efficace.
Dans ce cas de preuve par la confiance remplaçant la preuve par le travail, le système est beaucoup moins énergivore. Cela correspond à faire voter les grands électeurs à la place du suffrage universel directe. C’est moins couteux et plus rapide.

Il y a beaucoup à faire également pour recycler la chaleur émise par tous ces calculs. Mais la question se posait déjà lors de la création de centres de calculs informatiques.
Et tout comme la création d’internet a entrainé la naissance d’une autre économie, ces investissements et ces consommations de ressources et d’énergie sont à mettre en comparaison des valeurs créées et des anciens mode de productions disparaissants, remplacés par ces nouvelles approches numériques.
On peut noter également la croissance de puissance de calcul et la baisse de la consommation électrique de ces machines qui contribuent à rendre l’impact écologique moins fort.
Ce qui rend toute conclusion sur l’impact écologique hâtive voir mensongère.

 

Conclusion

C’est un monde nouveau qui s’offre à nous fort des potentialités de ce système.
2018 est l’année du passage à l’action car pour l’instant, les différentes blockchain n’ont pas encore permis, de manière significative, d’apporter de l’aide à des populations débancarisées, de protéger les vénézuéliens de l’hyperinflation par exemple, ou de concevoir des application (ou dApps) qui seraient utilisées de manière “substantielle” provoquant une véritable rupture de nos usages.
Il y aura une rupture sociétale due à l’automatisation des sociétés et des contrats véhiculés dans les blockchain 3.0. Comment va-t-elle nous impacter ? A quelle vitesse ? Et avec quel résultat ?
Est-ce que l’approche libertaire va survivre aux fortes capitalisations et aux intérêts croissants des états et des grands groupes pour la blockchain ?

C’est un espace de liberté unique, ne les laissons pas nous en déposséder.