La Franc-Maçonnerie bretonne

FM_bretonne

Jacques BRENGUES
Docteur-ès-Lettres
Professeur des Universités
Lauréat de l’Académie française
Prix littéraire de la ville de Dinan
Nantes, le 16 mai 1981

De la Bretagne ? et des Bretons ? que n’a-t-on pas fait ?
Bretagne, noble « matière » des légendes arthuriennes.GwenHaDU
Bretagne, des Druides, le pays hérissé de « pierres levées ».
Bretagne, royaume celte aux femmes valeureuses.
Bretagne, champ clos des anciens bardes et des poètes romantiques.
Bretagne, terre des prêtres …

Telle est la leçon de l’histoire …

Et les bretons ? des marins-voyageurs – chair à canon pour le pays de France, « plouks » tant moqués … Et les bretonnes ? Anne et Bécassine de Bretagne méritent-elles assez et les excès d’honneur, et les indignités ? Bretagne exaltée par le Barzaz Breiz, chansonnée par Théodore Botrel, spiritualisée dans son âme par Renan, Bretagne trop connue pour être innocente et qui en cache une autre plus grave, plus secrète.

Où sont les bretons d’antan ? Au XIIème siècle, Eon de l’Etoile proclamant sa devise à la face des féodaux: « TOUT EST à TOUS ». Au XVIIème siècle, ceux qui promulgueront, dans la clandestinité, le Code Paysan, charte de la « Liberté Armorique » ! Au XVIIIème siècle, pour les suivre, sinon pour les égaler, la cohorte philosophique, rationaliste, matérialiste roi-arthurmême : avec Charles Duclos, La Chalotais, Maupertuis, La Mettrie, Le Quinio et d’autres, tant d’autres… Au XIXème siècle, même Ernest Renan, même Lamennais en garderont la marque profonde, la marque indélébile, celle de la pensée : le doute douloureux pour le premier, la révolte fervente du second contre « l’assassinat de la Pologne » (déjà !). Bretagne révolutionnaire : des Bonnets Rouges de Le Balp au Bonnet Phrygien du Club Breton qui deviendra celui des Jacobins ! D’où venaient-ils, ces bretons « montés » à Paris : Le Chapelier, de la Parfaite Union de Rennes, Champeaux-Palasne, de la Vertu Triomphante de Saint-Brieuc qui rejoindront l’abbé Sieyès, transfuge du diocèse de Tréguier, membre présumé des Neuf Soeurs, interrogeant le monde : « Qu’est-ce que le Tiers Etat ? » : « Rien ! » « Que veut-il être ? » : « Tout ! »

Oui, d’où venaient-ils sinon de la Bretagne ignorée, méprisée de Paris ?
Tous, philosophes, écrivains, savants, hommes politiques devenus citoyens ont contribué à l’assaut de la citadelle parisienne aux tendances centralistes, inexpugnable bastion où régna longtemps Voltaire, monstre sacré de l’idée philosophique, « frère ennemi » des bretons de son siècle, Voltaire, « l’anti-breton ». On connaît ses mots fameux contre Fréron, le quimpérois :
« L’autre jour, au fond d’un vallon,
Un serpent mordit Jean Fréron …
Que pensez-vous qu’il arriva ? …
Ce fut le serpent qui creva ! »
Ce qu’on sait moins, c’est que Fréron fut reçu Maçon à tous les grades dans la Loge de Procope en 1743-1744 et qu’il devint Grand Orateur de la Grande Loge en 1745… Et surtout, que l’œuvre trop méconnue de Fréron montre des préoccupations sociales surprenantes et qu’il n’a jamais dit un mot contre la Franc-Maçonnerie, alors que Voltaire ne se gêna point pour dénoncer les « cérémonies extravagantes » et les « mystères bien plats » de la rituélie maçonnique !
Contre l’abbé Trublet, écrivain né à Saint-Malo, Voltaire lança trois fois son venin : « Il compilait, compilait, compilait… ». Toute la France en rit. Pourtant, tolérant, ami de nombreux encyclopédistes, Trublet eut l’estime du frère Helvétius, le père des Neuf Sœurs.

Et Maupertuis ? Autre victime bretonne de Voltaire qui déchaîna contre lui les foudres de sa Diatribe du Docteur Akakia (qui cache peut-être l’Acacia) : s’agissait-il d’un haut débat philosophique ? Non ! Mais d’une rivalité entre deux hommes à propos d’une femme : Madame du Châtelet …
Et l’affaire du poète Desforges-Maillard, de la Loge du Croisic, qui enchanta Voltaire tant que celui-ci se fit passer pour une poétesse sous le nom de Mlle Malcrais de La Vigne, mais qui admit tellement mal la supercherie révélée qu’il s’en vengea durement … vingt ans plus tard !
Dans l’Ingénu, Voltaire se moque de l’accent breton, celui de Duclos, à l’Académie française, dont il fut secrétaire perpétuel …
Malgré l’adversité parisienne, la Bretagne allait s’inscrire d’une manière originale dans le vaste mouvement des Lumières. Et d’abord avec le phénomène maçonnique.
Il faut le dire avec force, la Bretagne – considérée bien sûr comme « terre des prêtres » – est aussi haute terre maçonnique, l’une des plus vieilles de France, sinon la plus vieille. Opératifs des anciennes commanderies templières, spéculatifs « venus d’ailleurs » créer les premières Loges sur le continent – peut-être dès 1721 à Saint-Brieuc ! Que la moisson est belle des Loges maçonniques en Bretagne en ce magnifique siècle des Lumières …
Quand le soleil se lève à l’Orient, au XVIIIème siècle, il illumine peu à peu les loges bretonnes de Fougères, Rennes, Saint-Malo, Saint-Servan, Dinan, Lamballe, Vannes, Auray, Moncontour, Saint-Brieuc, Chatelaudren, Guingamp, Port-Louis, Lorient, Morlaix, Quimper, Brest – et pour les partisans de la Bretagne Grande : Nantes, Le Croisic – sans compter les Loges militaires ambulantes, comme à Ploërmel.

Vingt villes bretonnes maçonnent fraternellement, toutes en correspondance. On se visite, on mange, on boit ensemble et c’est ainsi que naît un concept tout neuf en un siècle où ne règnent qu’un Roi, qu’une Loi, qu’une Foi, celui, étonnant, détonant de la « Nation bretonne » dont les Francs-Maçons magistrats se font une gloire exaltée, en 1774, lors du rappel des Parlements : Il y a là les Frères Dubourblanc, Bedée de La Bouetardais, Bonteville de Keranray, le vicomte de Bonteville, le chevalier de Bonteville et quelques autres, si fiers d’être bretons autant que Maçons qu’ils semblent prêts à troquer le « lugubre Acacia » pour l’oranger, « symbole des vrais croyants », symbole choisi par les parlementaires bretons démissionnaires en lutte contre le pouvoir royal représenté par la Fleur de Lis qui se fanait déjà sous les embruns d’Armor (esquisses des planches à tracer des 18 et 19 décembre 1774, Orients de Saint-Brieuc et de Rennes).A cette date, le Grand Orient de France, de création toute récente, est encore bien fragile. Malgré de nombreux ralliements, on va assister à des tentatives de créations maçonniques « à la bretonne » : Ainsi, vers 1774, le rite forestier du Grand Alexandre de la Confiance, à la Loge de Saint-Bihy ; plus tard, l’égalité de Rennes se dresse contre le Traité d’Union maçonnique de 1778 et en réclame l’annulation : son Vénérable, Mangourit du Champ-Daguet, ira jusqu’à proposer l’institution d’une Grande Loge Provinciale de Bretagne avec un rite particulier, celui des Sublimes élus de la Vérité qui fonctionnera effectivement à Rennes ; en 1798, à Quimper, la reprise des travaux maçonniques post-révolutionnaires est marquée par l’apparition d’un nouveau rite, celui des Pantomathes (qui s’intéressent à « tous les savoirs »), inspiré de l’ordre « pseudo-marin » de la Félicité et fondé sur un symbolisme pisciforme : le rite pantomathique se développera à Brest, Landerneau, Morlaix, Rennes … et même Bruxelles.

Ce particularisme maçonnique breton a des parfums d’autonomisme. Il paraît assez puissant pour s’opposer à des tentatives d’ingérences étrangères dans la Maçonnerie bretonne : En 1774, une loge se crée, à Chatelaudren-Saint-Brieuc, sous le régime du Riteanne de Perfection de Stephen Morin, rite venu d’outre-atlantique, avec le titre distinctif significatif de Lodge of Perfection of Will of God, son existence sera éphémère. Mais la résistance la plus vive de la Maçonnerie bretonne s’exercera contre la Stricte Observance d’origine allemande qui ne réussira pas à implanter, en Bretagne, des Directoires écossais même si Weiler, émissaire du Grand Maître Hund, réussit à obtenir l’accord de principe du Président de La Gaudinays pour Rennes et Nantes. Ces particularismes cesseront pratiquement avec la reconnaissance définitive du Grand Orient de France par les Loges bretonnes dès avant 1789. Il reste cependant que l’on en trouve quelques échos, et non des moindres, au XIXéme siècle : Rentré à Paris, Mangourit du Champ-Daguet va y créer un épiphénomène maçonnique de son rite rennais des Sublimes élus de la Vérité, la Loge chapitrale des Commandeurs du Mont Thabor (1810) qui va donner naissance à une société androgyne : « Le Chapitre Métropolitain des Dames écossaises de l’Hospice du Mont Thabor » qui travaillera au Rite mixte dit Ecossais et Philosophique. La Grande Maîtresse (adjointe de Mangourit) était Mme de Carondelet. Ainsi la Bretagne peut s’enorgueillir d’avoir, d’une manière indirecte, encouragé la Franc-Maçonnerie féminine. N’avait-elle pas d’ailleurs, en cela, des lettres de noblesse avec Louise de Kéroualle, mère et grand-mère de deux grands-Maîtres de la Franc-Maçonnerie anglaise et protectrice des premières Loges françaises, et avec la Princesse de Lamballe qui fut Grande-Maîtresse de la Maçonnerie féminine au XVIIIème siècle ? Plus important est le rôle joué à Paris par la Loge Les Amis de l’Armorique (1820) dont le Vénérable Francois-Joseph Le Gal était briochin, en étroite relation avec la Vertu Triomphantede Saint-Brieuc (qui tiendra une tenue funèbre à sa mort en 1824). Or, les Amis de l’Armorique avec Les Amis de la Vérité sont deux Loges révolutionnaires du carbonarisme français auquel la Bretagne semble avoir fourni sa rituélie particulière. On voit donc que la Maçonnerie bretonne présente, dans son histoire, une incontestable originalité à la fois soucieuse de son autonomie et animée d’un certain prosélytisme national.

Au XIXème siècle, d’autres Loges se créeront : Paimboeuf, Belle-Ile-en-Terre, Hédé, Lannion, Saint-Nazaire – puis au XXème siècle : Dinard et Tréguier (lors de l’inauguration de la statue de Renan), toutes deux de vie très courte.
Un vaste bilan maçonnique, donc, à énumérer seulement la liste des Orients bretons. Mais, comme toutes choses de ce monde, les Loges naissent et meurent. De la lumineuse gerbe du XVIIIéme et du XIXéme siècles, il reste peu, très peu, même si des « réveils » tentent symboliquement d’assurer la continuité.
Seule, la Parfaite Union de Rennes, plus de deux fois séculaire, a su, malgré des vicissitudes, recueillir et garder le message maçonnique du Siècle des Lumières, quand vivaient les Diderot, les Jean-Jacques Rousseau, les Helvétius. Comme un phare, en pleine terre, la Parfaite Union est la seule qui sauve du vide la Bretagne intérieure, véritable désert maçonnique qui constitue un fait historique trop facilement accepté.
Les premières Loges bretonnes furent des Loges de notables, de négociants, de religieux, d’artisans, de militaires et de marins. Peu de haute aristocratie ; surtout de la roture, de la bonne bourgeoisie citadine, d’une manière générale, des représentants de la classe dominante. Mais, souvent, à l’approche de la Révolution française, vont se créer des Loges plus « populaires » comportant davantage de petites gens de modeste extraction sociale. Pendant les événements révolutionnaires, les anciens Maçons seront plutôt jacobins, les derniers plutôt montagnards. Quant aux aristocrates, ils fuiront les Loges pour l’émigration, la chouannerie ou le silence.
Beaucoup de Francs-Maçons seront bonapartistes. Ceux-là quitteront les Loges à la Restauration et ceux qui resteront vivront mal les temps revenus de l’Ancien Régime. De sorte que, peu à peu, au XIXème siècle, l’activité maçonnique ira s’étiolant en Bretagne où les Loges se fermeront, les unes après les autres, parfois même, comme à Saint-Brieuc, après un conflit avec le Grand Orient de France, dans lequel la Loge briochine se montra jalouse de son indépendance.

Les Loges bretonnes reprendront force et vigueur avec la IIIème République : Elles participeront activement au combat pour le respect de la Laïcité de l’état. Cette Maçonnerie-là, fidèle à ses origines, est restée profondément rationaliste mais, il faut le dire, assez peu initiatique. Il semble qu’aujourd’hui, la Maçonnerie bretonne du Grand Orient de France comprend qu’initiation et rationalisme ne sont pas incompatibles.

La Franc-Maçonnerie en Bretagne
depuis l’avènement
de la IIIème République

Par Yannic ROME

A la suite de l’avènement de Jules Grévy à la présidence de la République (1879) et l’arrivée des républicains au pouvoir, une série de votes va permettre une succession de lois instituant la Laïcité de l’Etat. Cet ensemble de lois a été couronné par la loi de séparation de l’église et de l’Etat promulguée le 9 décembre 1905, par le président Emile Loubet ; loi adoptée par 341 voix contre 233 (en ce qui concerne les députés bretons, 32 contre, 10 voix pour, dont celle de Robert Surcouf, député de la 2ème circonscription de Saint-Malo). Cette fameuse loi de 1905 correspondait à la formule de Victor Hugo qui s’écriait en 1850 : « Je veux l’Eglise chez elle, et l’Etat chez lui ». Hélas, l’affaire des fiches, à l’automne 1904, va toucher les trois principaux centres maçonniques bretons. Joseph Talvas est maire de Lorient et Vénérable de Nature et Philanthropie lorsque l’affaire éclate. Mis en cause, il se donne la mort le 5 novembre 1904. Corentin Le Meur, instituteur, Vénérable de La Loge brestoise Les Amis de Sully est également accusé. Il avoue ne pas avoir voulu retranscrire les rapports que lui avaient donnés des policiers Francs-Maçons, se contentant des observations d’ordre philosophique. Dans une lettre adressée le 7 décembre 1904 au Grand Orient de France, il explique qu’il est injurié depuis trois semaines dans les journaux de la réaction et que, le vendredi précédent, il a dû se défendre « revolver à la main, contre quatre portefaix payés pour lui faire un parti ». Mars Abadie, vénérable de La Parfaite Union de Rennes est poursuivi en justice puis provoqué en duel par les policiers qu’il aurait dénoncés. Ce début de XXéme siècle va aussi voir l’allumage des feux, à Tréguier, le 10 décembre l903, de l’éphémère Loge Ernest Renan. Un peu plus d’un an plus tard, le 20 février 1905, non loin de là, à Saint-Brieuc, c’est la Loge Science et Conscience qui est installée. Le 14 septembre 1905, les deux Loges fusionnent sous le titre distinctif de Science et Conscience et Ernest Renan réunis. En cette période, les nouvelles Obédiences vont émerger en Bretagne. Le 12 août 1906, la Loge n° 27 du Droit humain allume ses feux à Auray. C’est la première Loge de cette Obédience dans tout l’ouest de la France. Elle fonctionnera jusqu’après la première guerre mondiale. Le 22 mars 1908, dans le même Orient, c’est la Loge La Solidarité bretonne de la Grande Loge de France qui est installée. Elle émigrera à Lorient en 1943, dans des locaux qu’elle occupe toujours. Notons que les principaux fondateurs de ces deux Loges venaient de la Loge lorientaise du Grand Orient de France. Le 30 août 1913, la Loge L’Heureuse Rencontre de la Grande Loge de France allume ses feux à l’Orient de Brest. Jusqu’en 1940, les Francs-maçons bretons vont s’efforcer de répandre les idéaux de la République et de la Laïcité. Ils seront souvent fortement engagés dans la vie politique, sociale, associative et syndicale. Est-ce un record national ? Henri Mocrez sera, sans discontinuer, vénérable maître de la loge Nature et Philanthropie de Lorient de 1904 à 1939. Durant la Seconde Guerre mondiale, la franc-maçonnerie bretonne subit bien sûr le sort réservé à l’Ordre : Interdiction, arrestation des principaux membres. Le 20 juin 1940, les locaux maçonniques rennais sont mis sous scellés par l’occupant. La Werhmart y installe un magasin de chaussures et d’habillement. Les soldats allemands occupent également le temple brestois et le transforment en cantine. Il sera détruit dans les bombardements qui rasent pratiquement la ville de Brest. Le temple lorientais de Nature et Philanthropie connaîtra le même destin. En 1939, les quatre départements de la Bretagne administrative regroupaient quatre ateliers du Grand Orient de France : Rennes, Saint-Brieuc, Brest et Lorient. Aujourd’hui, ce sont dix-neuf Loges de cette Obédience, réparties dans onze Orients, qui travaillent dans cette région réputée, à tort ou à raison, pour son conservatisme et sa ferveur catholique. Après la seconde guerre mondiale, le premier travail des membres des quatre loges d’avant-guerre sera de remettre en état ou carrément de reconstruire les temples. Les Rennais de La Parfaite Union récupèrent leurs locaux dès le 14 janvier 1945. Le temple lorientais de Nature et Philanthropie ayant été complètement détruit, un nouvel édifice sera reconstruit au même endroit et inauguré le 20 juin 1954. La même année, les Brestois des Amis de Sully étrennent également leurs nouveaux locaux. Après avoir erré en divers lieux de la ville, la Loge briochine Science-Conscience inaugure son temple actuel le 27 février 1977. La seconde partie du XXéme siècle va voir la Franc-Maçonnerie du Grand Orient de France s’implanter (ou se réimplanter) dans les villes moyennes de Bretagne. La Loge Cornouaille de Quimper allume ses feux dès le 23 janvier 1949. A Lannion, la Loge « La Paix et Ernest Renan » est installée le 19 novembre 1967. Dinan retrouve la Franc-Maçonnerie du Grand Orient de France le 30 novembre 1975 avec La Triple Union. Conscience de l’Armor à l’Orient de Vannes débute ses travaux le 10 juin 1979. La Loge de Morlaix La Parfaite Egalité Retrouvée fonctionne à partir du 28 septembre 1985. Saint-Malo devra attendre le 8 mai 1996 pour voir la lumière maçonnique du Grand Orient de France briller à nouveau avec la République Malouine.
Parallèlement à ces nouvelles implantations, cinq villes bretonnes vont connaître des essaimages dus à l’accroissement du nombre de Franc-Maçons du Grand Orient de France. En moins d’un quart de siècle, trois nouvelles Loges se créent à Rennes : Tradition et Progrès le 16 décembre 1973, Gaïa le  28 septembre 1991, Confluences le 18 janvier 1997. Une seconde Loge Triskell est installée à Saint-Brieuc le 12 avril 1981. Humanisme et laïcité allume ses feux à Quimper le 9 décembre 1989. A Brest, ce sont Les Loges Fraternité et Laïcité (17 novembre 1990) et Pléias  (13 novembre 1993) qui viennent enrichir le paysage maçonnique. A Vannes, la Loge Les Passeurs de Gué est créée le 20 octobre 2002.
Jusqu’au début du XXIéme siècle, hormis à Rennes, toutes les Loges du Grand Orient de France sont implantées à proximité de la mer.

Ceci constitue un véritable « désert maçonnique » en Bretagne intérieure. Grâce à la volonté des Frères de Vannes, Lorient et Saint- Brieuc, cette anomalie va être comblée par l’allumage des feux, le 21 avril 2001, de la Loge Au Centre de l’Union, à l’Orient de Pontivy.Les villes de Rennes, Saint-Brieuc, Brest et Lorient accueillent également des ateliers du Grand Collège du Rite Ecossais Ancien Accepté du Grand Orient de France avec, pour chacune, une Loge de perfection, un chapitre et un conseil philosophique. Rennes abrite également le Consistoire Armorique. Depuis quelques années, le Grand Chapitre Général du Grand Orient de France est présent dans chacun des quatre départements bretons. Les autres obédiences Avec la Loge La Solidarité bretonne à Auray puis à Lorient, la Grande Loge de France s’est implantée, en Bretagne dès 1908. Cet atelier a donné naissance, en 1992, à la Loge L’Union juste et parfaite. A Brest la Grande Loge de France est présente, par L’Heureuse Rencontre, depuis 1913. Par essaimages, se sont constituées dans le grand port finistérien, les Loges Libre Rencontre (1986), et Heureuse Harmonie (1993). En 1973, Saint-Brieuc accueillait la Loge Armorique. Depuis, s’y sont créées Ar Men (1989) et Ar Vreur (2001). La Grande Loge de France est importante à Rennes avec quatre Loges : Energie Bretonne (1964), Parfaite Amitié (1978), Egrégor (1983) et L’Echelle de Jacob (1995). Cette Obédience est aussi présente à Dinan (Escalibur, 1984), Lannion (Les Sept Frères du Trégor, 1994), Quimper (Heureuse Amitié, 1986), Saint-Malo (La Fidélité Malouine, (1980) et Vannes (Le Temple de Gawr’né, 1979). L’Obédience du Droit Humain a des Loges à Rennes (Initiation et Brocéliande), Saint-Brieuc (Henriette Renan, 1955), Dinan (Sagesse et Beauté, 1986), Lannion (Lumière du Trégor, 1996), Brest (Iroise, 1957), Quimper (Ville d’Ys, 1985), Vannes (Renouveau, 1974) et Lorient (Le Phare, 2002). On retrouve la Grande Loge Féminine de France dans les principales villes bretonnes. En 1972, cette Obédience s’implante à Rennes (Karidwenn), en 1975 à Saint-Brieuc (Les Trois Pierres), en 1983 à Lorient (Arianrod), en 1988 à Quimper (Amer de Lumière), en 1990 à Dinan (Rhiannon), en 1994 à Vannes (Avallon), en 1995 à Brest (Lumière des Amers), en 1996 à Lannion (Arpège de Lumière). Avec souvent plusieurs Loges dans chaque Orient (une par rite), la Grande Loge Nationale Française est implantée à Saint-Brieuc, Rennes, Saint-Malo, Lorient, Roscoff, Vannes, Brest, Quimper, Carhaix, Tréguier, Pontivy. La Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra est présente notamment à Rennes, Dinan et Lorient. Les obédiences de La Grande Loge Mixte Universelle (Tonnerre à Brest) et de La Grande Loge Mixte de France (Clef de Janus à Vannes) contribuent à diversifier le paysage maçonnique breton.