Une Démarche

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La valeur de l’écoute et de la parole maîtrisée

Notre société de communication ne laisse finalement que peu de place au dialogue et à des échanges constructifs entre citoyens. Il est aujourd’hui très difficile de se trouver dans de bonnes conditions pour débattre sur un sujet de société qui pourrait s’avérer polémique. Quant enfin ces conditions sont réunies, c’est alors le respect des convenances, la peur du conflit, les nuisances extérieures ou encore le manque de temps, qui freinent et empêchent d’aller au bout de son argumentation.

Une des forces de la Franc-Maçonnerie est que son mode de fonctionnement facilite le débat en son sein. Il est bien sûr possible d’exprimer toute idée, quelle qu’elle soit, tant qu’elle ne porte pas atteinte à nos valeurs fondatrices. De plus, l’organisation des échanges à l’intérieur de nos ateliers garanti une discussion libre et de qualité.

Au cours de chaque réunion, un Frère, orateur d’un soir, présente un travail sur un thème de son choix. A la fin de sa lecture, l’auditoire vient enrichir ce travail en ajoutant des commentaires sur ce qui vient d’être exposé.

Quelques règles simples garantissent alors des conditions optimums pour qu’un échange constructif puisse se développer.

Tout d’abord, il faut solliciter la parole et ce n’est qu’une fois qu’on vous l’aura accordée que vous pourrez vous lever et argumenter. Chacun dira ce qu’il a à dire, mais chacun le dira à son tour ! Le temps de réflexion sur ce que l’on va dire s’en trouve ainsi augmenté et les idées exprimées, certes moins spontanées, sont plus structurées et plus posées.

Ensuite, il n’est pas possible d’intervenir plus de trois fois sur un même sujet, ni de s’étendre trop longuement. Pas question de monopoliser la parole, de faire les questions et les réponses ; Pas question de parler à tort et à travers ; Pas de monologue, mais bien un dialogue ouvert à tous.

Autre grande idée : celui qui prend la parole ne s’adresse pas directement à l’orateur ou à un autre Frère dans l’assistance, mais à une tierce personne, en l’occurrence le Vénérable. Il s’agit ici d’éviter les échanges bipolaires, souvent générateurs de conflits. Cette disposition dédramatise bien des situations et évite les frictions.Mais avant de parler, il faut savoir écouter ! Tout débat de qualité repose sur cette règle de base. Personne ne peut interrompre celui qui présente sa planche, pas plus que celui qui s’exprimera ensuite pour la commenter.Cette écoute, un nouvel initié va commencer par l’apprendre. Tenu au silence, l’Apprenti va participer aux travaux sans pouvoir s’exprimer. Il va ainsi écouter les arguments des uns et des autres, se faire sa propre idée, songer à ce qu’il aurait pu ajouter de pertinent … mais il restera silencieux. Ce silence, difficile à tenir au début mais très formateur, lui apprendra, entre autres, à respecter la parole de l’autre, à écouter et à analyser avant de la prendre soi-même et enfin à acquérir un regard critique sur ses propres arguments et sur ses propres mots.

Ces règles peuvent paraître contraignantes de prime abord, mais elles vont permettre à la Acaciaparole de vivre, et à tout un chacun de s’exprimer en toute liberté dans le respect d’autrui. Nous n’allons pas opposer des idées mais bien les juxtaposer pour construire ensemble une réflexion enrichie par chaque intervention.

Il est dans nos traditions, après la clôture des travaux, de nous retrouver pour ce que nous appelons des agapes, durant lesquelles les Frères parlent de tout ce qu’ils jugent bon à communiquer. Ce repas pris en commun, chaleureux et sans aucun formalisme, contribue à resserrer encore plus les liens de fraternité qui nous unissent.