Laïcité

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Valeur fondamentale de la République
La Laïcité est l’un des principes fondateurs de la République Française et de la Franc-Maçonnerie adogmatique.
Liberté, Egalité, Fraternité, Laïcité,
sont les piliers permettant de construire une existence de paix et de respect d’autrui.

Née en France, la Laïcité est le fruit de quatre siècles d’histoire. Les guerres de religion du XVIème siècle, la signature de l’Edit de Nantes et sa révocation, le combat des Lumières, la Révolution française et le refus de la République par l’église catholique, ou encore les lois laïques sur l’école, sont autant d’évènements structurants de notre patrimoine qui permettent de comprendre l’ancrage de la Laïcité dans la société.

Cet inventaire culmine au XXème siècle avec la promulgation de la loi du 09 décembre 1905 portant séparation des églises et de l’Etat, et avec l’inscription de la Laïcité dans l’article premier des Constitutions de la IVème et de la Vème République :

  1. « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale » (Constitution de 1946).
  2. « Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. » (complément apporté par la Constitution de 1958).

L’acception française de la Laïcité est avant tout une construction juridique à valeur constitutionnelle, et non un simple concept idéologique ou intellectuel. Elle relève du droit public, non de l’intimité des consciences. Son origine formelle réside dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 26 Août 1789, texte fondateur de la 1ère République, qui précise que : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit » (Article 1er), et que « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, mêmes religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi » (Article 10).

S’appuyant sur une organisation politique démocratique, la Laïcité permet à la fois :Ecolelaicite

  1. A CHACUN de vivre librement ses options spirituelles ou ses convictions philosophiques.
  2. A TOUS de disposer d’un espace public commun, assurant Liberté et Egalité.

Il est important de ne pas confondre anticlérical et antireligieux : La Laïcité combat tous les cléricalismes c’est à dire toute intrusion du fait religieux ou de la croyance dans les institutions publiques de la République. C’est un outil de culture, d’émancipation, d’autonomie, de liberté (notamment de liberté de pensée, antichambre de la liberté de conscience), et d’intégration dans la société.
Créer un monde commun aux hommes et aux femmes, tout en leur permettant de garder librement leurs différences (langues, traditions, religions, convictions, croyances, etc…), c’est la réponse de la Laïcité aux aspirations légitimes de Liberté, d’Egalité et de Fraternité de chaque individu.

La Laïcité constitue un élément fondateur de notre identité. Elle est le ciment d’une Nation à la fois unie et diverses dans ses origines.

Les principes fondamentaux de la Laïcité

La liberté de conscience
Elle signifie pour chacun le droit de croire ou de ne pas croire, le droit de choisir en toute liberté son orientation spirituelle (croyance religieuse, agnosticisme, athéisme, ou simplement indifférence à toute religion) et de la vivre pleinement.

L’égalité des options spirituelles
La Laïcité garanti la parfaite égalité des citoyens, quelles que soient leurs options spirituelles ou leurs convictions philosophiques.

L’universalité de la loi commune
La Loi de la République, soucieuse du seul intérêt général, est la même pour tous.

La loi de 1905, dite « de séparation des églises et de l’Etat »

La loi de 1905, fondement juridique de la Laïcité, en fixe la définition et dispose que la République :laicite_Combes

  1. « assure la liberté de conscience » (la Laïcité n’est pas antireligieuse, car elle garantit tout autant le droit de ne pas croire que la liberté d’avoir la foi) ;
  2. « garantit le libre exercice des cultes, sous les seules restrictions édictées dans l’intérêt de l’ordre public » (Laïcité et pratique religieuse sont bien souvent, à tord, présentées comme antinomiques) ;
  3. « ne reconnait, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte » (ce qui exclut de facto tout financement public des organisations et associations cultuelles, et toute participation de l’Etat et des collectivités dans leur fonctionnement).

Par la césure qu’elle instaure entre les églises et l’Etat, la Laïcité concilie unité et diversité. La loi de 1905 est devenue la clé de voûte de nos institutions laïques. Elle implique d’une part, la liberté individuelle et collective de religion et de culte, et d’autre part, l’autonomie de l’Etat vis-à-vis de ces mêmes religions.

Pour réaliser cette séparation on distingue deux espaces de liberté :

La Sphère Privée
C’est l’espace personnel où chacun est libre, dans la limite du respect du droit et des valeurs de la République, de ses attaches, de ses croyances, de ses convictions philosophiques, de ses particularismes.

La Sphère Publique
C’est l’espace commun qui rassemble hommes et femmes autour des valeurs de la République. C’est l’environnement citoyen où l’individu s’épanoui socialement, économiquement, politiquement et juridiquement. Les intérêts communs à la Cité y sont regroupés : justice, enseignement, santé, protection sociale, sécurité, et plus généralement tous les services publics. C’est l’espace où le citoyen entre de plain-pied dans l’égalité des droits, qui privilégie non pas ce qui sépare mais ce qui unit. Tous sont à égalité dans cette sphère et les règles, fondées sur les Droits de l’Homme, y sont clairement établies.

L’école Laïque

L’école publique, laïque, gratuite et obligatoire est l’illustration de la devise républicaine :repulaique

Liberté, Egalité, Fraternité.

C’est l’outil pédagogique de la Laïcité. Promue par les lois Jules Ferry de 1881, 1882 et 1886, c’est un lieu de rencontres privilégié.
Pour que le peuple soit souverain, il faut qu’il soit éduqué. L’école de la République a pour mission de former les Citoyens – acteurs de la société – à utiliser leur sens critique, à s’élever par la raison au-dessus des perceptions et des influences (« rendre la raison populaire et élever le peuple et la Nation à la rationalité des Lumières », disait Condorcet), à réfléchir, à savoir et vouloir vivre ensemble dans le respect mutuel des différences.
L’école laïque est le fruit d’une volonté politique de promouvoir :

  1. l’instruction pour tous, en dehors de toute influence religieuse,
  2. le développement de l’esprit critique,
  3. la formation du citoyen (indispensable en démocratie).

Le partage mutuel des cultures a lieu dans les écoles publiques où tous les enfants, Citoyens en devenir, se côtoient, partagent savoirs, jeux et nourriture et apprennent à vivre ensemble.